ACF Zazie

Epinglage de la Journée Zazie avec Daniel Roy – Matinée clinique

Epinglage

Journée de travail du groupe Zazie  Nouveau Réseau CEREDA

Avec Daniel Roy

« L’inconscient, c’est son invention »

10 octobre 2009

La matinée clinique

Par Maïté Masquelier

Lors de la matinée clinique de la Journée Zazie, Daniel Roy a commenté les présentations cliniques faites par Daniel Pasqualin, Véronique Robert, Monique Verhelle- Stasse et Yves Vanderveken,

Pour faire la place à ce que « l’inconscient c’est (sait) son invention », Daniel Roy, lors de cette matinée, a repris trois balises, trois questions qui nous ont orientées dans l’abord des cas présentés :

Où peut-on situer l’inconscient ? L’inconscient, ce n’est pas ses formations : les rêves, les lapsus, les actes manqués,… mais l’inconscient s’ouvre, s’invente, dans le temps d’avant. C’est ce qui a lieu, c’est ce qui arrive à un sujet. Daniel Roy ramène l’inconscient à ce petit trou qui fait effraction dans la réponse déjà trouvée du sujet.

Comment s’invente-t-il ? La possibilité de cette invention, sa condition sine qua non, c’est son accueil par un analyste, quelqu’un qui va permettre que ça se dise. Le sujet va décliner sa position, et c’est ça le moment où s’ouvre l’inconscient ; c’est ce mouvement-là, qui apparaît quand on dit ce qui se passe. Cette invention s’effective à chaque fois qu’un sujet dépose sa parole auprès de quelqu’un qui va se régler sur ce qui est dit. On voit là que la responsabilité de l’invention de l’inconscient est partagée par les deux protagonistes de l’entretien : un sujet qui dit ce qui lui arrive, et l’adresse de ce dire, l’analyste qui en dresse constat.

Et qu’est-ce qu’il cerne ? Ce trou, qu’est le mode d’apparition de l’inconscient, et qui divise le sujet, va le forcer à trouver un autre mode de réponse, qui se révèlera dans ses fictions. Les fictions sont des chaînes signifiantes, des histoires dans lesquelles les mots ont des valeurs diverses qui ont l’air d’enserrer quelque chose, de cerner une signification énigmatique. Pour faire ses fictions, le sujet se servira de ses signifiants fondamentaux. C’est dire qu’elles contiennent toujours en leur cœur une valeur de satisfaction indexée à un objet pulsionnel.

Il y a quelque chose qui échappe au sujet et qu’il s’agit de faire valoir. Mais là où, dans la névrose, l’inconscient s’atteste dans une béance, un gap qu’il s’agit de garder ouvert, comme nous le rappelle Daniel Roy, dans la psychose il n’y en a que greffe. C’est sur ce point qu’en opposition il présente cette structure, où l’inconscient est dit à ciel ouvert, et où il s’agit d’y greffer quelque chose du voile. Dans la psychose, l’inconscient nous est expliqué directement ; on ne doit pas le reconstruire. Chaque fois qu’un sujet parle ou que ça parle, chaque énoncé se boucle non pas sur une question, mais sur une certitude : c’est le verdict ! C’est la structure de l’immédiateté, et elle comporte en son sein l’acte d’accusation : de l’autre, de sa bouche, comme d’un oracle, vient l’insulte. Le travail de l’analyste est alors d’accompagner le sujet à élaborer un savoir sur sa structure, ce qui permettra de construire des barrières.

Daniel Roy terminera cette matinée en nous disant que de toute façon, quelle que soit la structure, on peut dire que le sujet a la responsabilité de son inconscient. Qu’il l’invente ou qu’il en fasse l’inventaire, il élabore un savoir sur la structure


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