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Mise à jour de Courtil en lignes et parution du numéro 8 – LʼInstitution ou lʼinvention face à la solitude

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Éditorial

LʼInstitution ou lʼinvention face à la solitude

par Marie Brémond | le 19 novembre 2012

Solitaires. Les sujets contemporains le sont, dérivant parfois sans balises vers la solitude de leur corps propre, de leur jouissance. Cʼest avec Brandon, le personnage du film Shame que Virginie Leblanc nous en annonce la pointe la plus extrême, où, dit-elle « quelque chose de lʼautisme de la jouissance contemporaine du sujet, branchée à lʼautre selon les mêmes modalités quʼil peut lʼêtre aux objets » déferle. Cette solitude se formule aussi chez Marcel qui ne se dit « pas concerné par les autres mais par les moteurs à essence ». « La tête, cʼest comme une idée » qui, à lʼoccasion, gêne et isole aussi Julien, autiste, qui se prêtera à la conversation lors dʼune présentation clinique rapportée en son entièreté pour ce numéro. Solitude encore dans lʼinterprétation qui sʼimpose à la lettre quand M. lit dans son rapport MDPH « le Courtil est un point de chute pour M. », réelisant instantanément son exil.

LʼInstitution, à cette époque solitaire ou « époque Geek », cʼest celle que nous présente Dominique Holvoet, celle du sujet inventeur quand lʼAutre se révèle être une invention. Le défi de lʼinstitution dʼaujourdʼhui, nʼest pas tant de maintenir lʼidéal et le plaisir de la tradition que de desserrer cet étroit rapport que le sujet entretient à sa solitude face à lʼinexistence de lʼAutre, solitude du corps figé, soumis, égaré. Ce numéro se présente comme un parcours insolite dans des espaces distincts de lʼinstitution Le Courtil, illustrant comment cette jouissance prend des allures moins anonymes pour donner à lʼinvention une destinée précieuse, humanisée.

Isolés face à lʼAutre du discours pédagogique forcené, les membres de lʼassociation TUBA en Bretagne donnent le témoignage du tissage progressif dʼun lien entre parents, praticiens et enfants autistes.

Cʼest à tous les niveaux de lʼespace institutionnel que peut sʼobtenir ce passage à lʼinvention via la rencontre des corps et de leur langue intime. Lʼincarnation par le directeur de ce S1 dont il use comme dʼun semblant est ce dont Bernard Seynhaeve témoignera dans son texte. Les « groupes du Courtil ne sont pas des groupes thérapeutiques, mais des groupe de vie où il sʼagit de rendre la vie du sujet plus agréable », comme lʼillustre Alexandre Stevens dans sa présentation du Courtil aux journées UFORCA « À lʼécoute des autistes ». Cʼest alors quʼon tourne le verrou et quʼon suit le trajet ethnographique d’Antoine dont Charlotte Mahé nous offre les clichés photographiques, véritable promenade à la Ducobu dans lʼhistoire de notre ancienne institution catholique. Invention encore, phylogénétique cette fois, dans le monde des coléoptèresin vivo et sur la toile avec Ludovic Quinonero et Franck.

Pour les extraire de leur « engluement dans le lieu de résidence », La Papoterie, comme centre de jour, est devenu un lieu de réveil ; Julien Lecubin nous y introduit par le « style inimitable » des jeunes devenus écrivains pour le journal La papote. Dans son bureau, Sylvie Nounckele se laisse filmer pour converser avec Virginie Leblanc sur « son école des devoirs » très spéciale…Solitaires, les intervenants et les stagiaires peuvent lʼêtre aussi. « Au commencement était la maladresse » révèle une stagiaire, maladresse comme genèse de lʼangoisse, qui isole parfois.

Nous serons également initiés, dans ce numéro, au principe de formation dont sʼorientent les stagiaires et les équipes de travailleurs. Loin de pratiquer le confinement, le transfert vise un « au-delà » comme le souligne Alexandre Stevens. Au-delà de la tâche immédiate, et du savoir qui sʼy accole sʼéveille, grâce à la pratique de la lecture, des supervisions, réunions cliniques et formations, « une envie de savoir » nous dit Philippe Bouillot. La construction même de cette revue en ligne, en est lʼun des témoignages vivants.

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