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ECF Enseignement: Soirée des AE, mardi 11 mars

Enseignement des AE

 L’équivoque

Mardi 11 mars 2014 à 21h15

 1, rue Huysmans 75006 Paris

Le dernier enseignement de Lacan met en exergue la disjonction de la jouissance et de la parole qui vise le vrai. Jacques-Alain Miller a quant à lui insisté dans son dernier cours « L’être et l’Un », sur le gap qui réside de fait entre ces deux ordres, de la jouissance qui itère et relève de l’existence d’une part, et d’autre part, celui de la parole analysante en quête d’une fiction (nécessairement menteuse) qui tâcherait de venir à bout de cette jouissance. C’est sur ce renoncement à absorber le réel dans le symbolique que se conclut une analyse avec un certain nombre d’effets.

Cela étant, dans le discours analytique, la parole est et restera la seule voie d’accès au réel de la jouissance. S’il y a un usage de la langue telle qu’elle charrie du sens – et le sens appelant le sens, pourrait ne jamais atteindre au réel – il y en a un autre, qui par l’intervention de l’analyste à la tâche de lire cette parole, en laisse saillir la jouissance et y affleurer lalangue. En effet, ce n’est pas seulement que la jouissance est là dans toute parole (« là où ça parle, ça jouit » disait Lacan dans Séminaire 20), mais encore, qu’elle se tient en deçà de toute parole (comme itération du dire dans le dit).

Dans le Séminaire 23, Lacan peut ainsi avancer que c’est uniquement par l’équivoque que l’interprétation opère. C’est en effet dans l’équivoque que quelque chose du signifiant résonne. Mais l’équivoque elle-même laisse au moins deux options. L’une d’entre elles consiste à poursuivre la quête d’un nouveau sens sur lequel l’équivoque ouvre toujours nécessairement. Une autre est d’y apercevoir ce dont toute équivoque témoigne également, à savoir ce à quoi se réduit finalement le signifiant, soit à « une torsion de la voix ». Si « nous n’avons aucune idée du Réel » comme l’avance toujours Lacan, cette fois dans le Séminaire 25, parce que « le langage est un mauvais outil », n’est-ce pas justement aussi l’un des mérites de l’équivoque que de le faire apercevoir ? Et partant de nous laisser appréhender sinon le réel, du moins des bouts de réel qui sont autant de bouts de langue ?

C’est ce que la prochaine soirée des AE, animée par Eric Laurent, explorera le 11 mars prochain, en se penchant sur l’équivoque, avec la participation – une fois n’est pas coutume – de tous les AE en exercice.

Soirée proposée par Anaëlle Lebovits-Quenehen et animée par Éric Laurent, avec les interventions de : Marie-Hélène Blancard, Hélène Bonnaud, Michèle Elbaz, Bruno de Halleux, Danièle Lacadée-Labro, Anaëlle Lebovits-Quenehen et Bernard Porcheret.

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