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Quarto n°107 : Le contrôle et la passe :notre législation

Parution de Quarto n°107

« LE CONTRÔLE ET LA PASSE : NOTRE LÉGISLATION »

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  Éditorial

Permettre au législateur de pouvoir comprendre la rigueur de la formation analytique, ainsi pourrait-être défini l’objet de ce numéro de Quarto.

Soucieux de préserver le public du charlatanisme de certains   psychothérapeutes, le législateur belge entendait donc mettre un peu d’ordre dans le foisonnement de ces pratiques, et garantir l’exercice de celles-ci.

Il a d’abord fallu lui faire entendre que la psychanalyse n’est pas une psychothérapie bien qu’elle produise des effets thérapeutiques, et qu’elle se distingue de ce que certains appellent « psychothérapie analytique ». Par ailleurs, la psychanalyse ne peut être soumise à aucune formation de type universitaire. Elle est didactique de s’y soumettre d’abord soi-même. En ce sens, le psychanalyste est le produit de sa propre analyse menée à son terme. Ce qui n’exclut en rien la formation à la pratique à travers l’étude de textes et l’exposé de cas au sein des sociétés analytiques. Ceci fut l’objet du second Forum tenu à Bruxelles le 19 décembre 2013, et de la conférence qu’Éric Laurent y donna une semaine plus tôt.

L’étude du parcours personnel du candidat analyste s’élabore au sein de l’École de la Cause freudienne à travers la procédure dite de la passe où le témoignage de l’analysant de son propre parcours analytique est étudié par un jury composé de pairs expérimentés. Au terme de cette procédure, le candidat peut être nommé Analyste de l’École. La rubrique intitulée « La passe » reprend un certain nombre de travaux exposés par les AE en fonction.

Un autre versant de cette formation se fait par la pratique dite du « contrôle » à travers lequel le psychanalyste toujours en formation, car celle-ci est infinie, rend compte de sa pratique auprès d’un psychanalyste averti. Ce fut le thème de la Journée « Question d’École » sur Les usages du contrôle qui se tint à Paris le 8 février 2014 à Paris, et dont nous publions un certain nombre de textes.

Le pari engagé à l’égard du législateur est un pari réussi au bout de quelques mois d’une lutte acharnée à tenter de lui démontrer la spécificité de la psychanalyse et la nécessité de la sortir du cadre de la réglementation des psychothérapies. Mais le combat ne s’arrête pas là. Il faudra maintenant lui faire accepter de reconnaître la valeur des formations dispensées par les différentes Écoles et Sociétés de psychanalyse.

Le combat pour le maintien de la psychanalyse en ce monde ne s’arrêtera jamais. Car depuis son invention par Freud, le discours analytique fait symptôme pour l’humanité parce qu’il confronte le sujet à « un réel [qui] est sans loi » [1] contrairement à la science, la religion … et à la psychothérapie.

Et ajoutait J.-A. Miller : « Le réel inventé par Lacan n’est pas le réel de la science. C’est un réel hasardeux, contingent, en ceci qu’il manque la loi naturelle de la relation entre les sexes. C’est un trou dans le savoir inclus dans le réel. »[2]

C’est sur ce point que se clôt ce numéro de Quarto avec la rubrique Vers le congrès de l’amp.

 

 Philippe Stasse

 

[1] Lacan J., Le Séminaire, livre xxiii, Le Sinthome, Paris, Seuil, 2005 ,p. 137.
[2] Miller J.-A., « Un réel pour le xxie », Présentation du thème du ixe congrès de l’Association Mondiale de Psychanalyse, Scilicet, collection Huymans, Paris, 2013, p. 25.

 

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