Champ freudien Zazie

Retour sur la Journée ZAZIE du 7 février 2015 – Hélène Bonnaud

Retour sur la Journée ZAZIE

– Bruxelles –

La conférence d’Hélène Bonnaud

Par Céline Aulit

 

Le groupe Zazie, inscrit dans le champ du CEREDA (Centre d’étude et de recherche sur l’enfant dans le discours analytique) nous avait donné rendez-vous à Bruxelles le 7 février, à l’Université libre de Bruxelles, avec le soutien du département de psychologie, pour nous pencher sur le thème de « l’enfant qui dérange ». Dans le public, des professionnels et des étudiants, et comme invitée de choix, Hélène Bonnaud, qui nous a tenu une conférence l’après-midi intitulée : « L’inconscient de l’enfant et l’analyste. »

Dans son livre « L’inconscient de l’enfant »[i], Hélène Bonnaud élargit la notion de l’inconscient. Bien sûr, il y a les formations de l’inconscient qui font sens et sont déchiffrables mais il y a aussi un inconscient réel, ce qui fait trou, ce qui fait trop. Le troumatisme. Un mode de jouissance qui naît comme inconscient, dans le cadre de l’analyse. C’est ce qu’Hélène Bonnaud nous a montré au travers des cas de Ludo, de Julien et de Sarah. L’Autre auquel ces trois enfants ont affaire est en panne de désir et quelque chose se transmet à l’insu du sujet : Ludo est écrasé par une identification au père trompé, Julien est enseveli sous le poids d’une identification à l’objet du fantasme maternel de l’objet mort. Quant à Sarah, elle est réduite au silence depuis la séparation de ses parents. Hélène Bonnaud évoque l’hypothèse intéressante de la dépression derrière ces symptômes aussi diversifiés que l’hyperactivité de Ludo ou la paralysie de Julien. Une dépression dans le sens où ces enfants sont inanimés en tant que sujets. L’analyse avec ces enfants dont les symptômes dérangent vise dès lors à trouver un autre signifiant qui s’accroche au premier pour permettre au sujet de pouvoir émerger en circulant entre ces deux signifiants. « Si l’analyste parvient à se faire être ce second signifiant, il accomplit des miracles avec l’enfant »[ii]. Et pour ce faire, il semble que de transmettre une lecture de ce qui lui arrive à l’enfant ne suffit pas. Les exemples apportés par Hélène Bonnaud montrent à quel point la présence de l’analyste tant auprès de l’enfant que des parents est indispensable pour que l’enfant puisse renaître en tant que sujet.


[i] Bonnaud Hélène, L’inconscient de l’enfant, du symptôme au désir de savoir, Edition Navarin et le champ freudien, Paris, 2014.

[ii] Bonnaud Hélène, L’inconscient de l’enfant, du symptôme au désir de savoir, Edition Navarin et le champ freudien, Paris, 2014, Préface écrite par J-A Miller, p 10.

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