ACF

Soirée débat autour du livre de Pierre Malengreau « L’interprétation à l’oeuvre. Lire Lacan avec Ponge »

Jeudi 7 décembre à 21 h
au local de l’ACF-Belgique

Soirée débat autour du livre de Pierre Malengreau
L’interprétation à l’œuvre. Lire Lacan avec Ponge

Avec la participation de Ginette Michaux (psychanalyste, professeur émérite en lettres françaises à l’UCL, auteur de plusieurs ouvrages dont De Sophocle à Proust, de Nerval à Boulgakov : essai de psychanalyse lacanienne et André Sempoux. L’écrit bref) et de Yves Depelsenaire (psychanalyste, philosophe et auteur de plusieurs ouvrages dont Une analyse avec Dieu, L’Envers du décor et Un musée imaginaire lacanien).

Photo prise par Jean-Claude Encalado

Photo prise par Jean-Claude Encalado

Voici ce que Pierre Malengreau nous dit en deux mots de son travail :

Je m’intéresse aux mots qui touchent, aux paroles qui portent, aux lettres qui opèrent dans l’expérience analytique. Je m’intéresse à ce que Lacan appelle l’effet de sens réel, c’est-à-dire à l’effet de la parole, non pas sur le réel de la jouissance auquel nous ne pouvons rien, mais sur la manière dont chacun se débrouille avec ce réel. Toucher et éventuellement transformer par la parole l’organisation de jouissance propre à chacun est au centre de mon livre. C’est un livre sur l’interprétation psychanalytique, sur les pouvoirs de la parole, sur sa puissance et son impuissance à toucher ce qu’il y a de réel pour chacun.

Le point de départ en est une petite phrase de Lacan extraite d’une série de conférences intitulée Je parle aux murs. Lacan y parle notamment de l’interprétation et il se demande “À quelle réson recourir pour ce dont il s’agit, à savoir le réel ?” Cette question porte et traverse tout mon livre. Lacan se réfère explicitement au poète Francis Ponge, à sa Creative method, à l’usage qu’il fait de la langue pour aborder, cerner, toucher quelque chose du réel.

Je me suis donc tourné vers Ponge, et plus particulièrement vers ses écrits sur l’art, pour tenter de préciser la voie que Lacan ouvre par cette référence. Je me suis attaché à cerner comment Ponge rend présent dans la langue les natures mortes de Chardin, le geste de Fautrier, les variations de point de vue de Braque, la tension inhérente au trait de Giacometti. Ponge nous aide à penser un usage de la langue. Quelle réalité, quelle épaisseur, les mots doivent-ils avoir dans le monde des mots pour avoir une “réalité” dans le monde des objets ? La lecture commentée de ses textes sur Chardin, Fautrier, Braque, Giacometti et Picasso m’a permis de mieux cerner les enjeux de la question de Lacan. Elle m’a aussi permis de cerner les éléments de réponses que Lacan formule lui-même à partir de là. Il invite les psychanalystes à penser un usage de la langue où il s’agit de l’Un, de l’Un tout seul, mais d’un Un tout seul pas sans l’autre. Ponge nous précède dans cette voie. Nous avons beaucoup à apprendre de lui.

Les commentaires sont fermés

Les commentaires sont désactivés. Vous ne serez pas en mesure de poster un commentaire dans cet article.