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Quarto n°117 : Droit de cité du symptôme

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Éditorial

L’émergence du discours de la science est la condition d’existence de la psychanalyse. Mais quand le scientisme, la quantification, l’évaluation, les statistiques, la randomisation, le big data, le pragmatisme empirique deviennent l’empire du chiffre, la psychanalyse est en danger et risque d’être écrasée par la bureaucratie sanitaire.

L’État de droit est également une condition de l’existence de la psychanalyse en tant qu’il garantit la liberté de la parole. Mais quand les discours populistes et nationalistes, voire extrémistes, prônant une langue univoque, gagnent du terrain comme c’est le cas aujourd’hui dans nombre de nos « démocraties », la psychanalyse encourt un danger encore plus grand. Et quand le politique tente « de condamner et d’interdire » la psychanalyse – même si ce n’est pour le moment que pour le traitement de l’autisme –, elle est directement menacée.

L’Autre méchant pour la psychanalyse est constitué et localisé. Il a été dépiauté lors de la Journée Question d’École de janvier 2017 sur la Psychanalyse dans la cité comme à l’occasion du  Forum européen scalp (Série des Conversations Anti-Le Pen initiée par Jacques-Alain Miller) de Bruxelles en avril de la même année. Pourtant, Lacan avertissait que si la psychanalyse devait disparaître un jour, la responsabilité en incomberait aux psychanalystes eux-mêmes. Dès lors, que faire ?

Ni révolution, ni progrès, dit Lacan, mais subversion, pour donner au symptôme son Droit de cité. Il y a en effet une Politique du symptôme, véritable « question subjective en acte », singulière, incomparable, incommensurable, qui tient aux modalités du rapport du parlêtre à la jouissance, à la pulsion, aux objets a. Les praticiens de la psychanalyse le démontrent au un par un. Les quatre cas cliniques, suivis de leur discussion détaillée, présentés lors de la Journée clinique de l’ACF-Belgique et du Kring van de NLS en donnent le témoignage.

Les Enseignements de la passe, par lesquels chaque ae transmet ce qu’il en est de la politique de son symptôme pour celui qui a mené l’expérience analytique jusqu’à son terme, nous montrent comment chacun est parvenu à ne pas céder de la bonne façon, à échouer à éradiquer le symptôme de la bonne manière, permettant l’émergence d’un désir inédit pour l’action dans la cité qui permette le maintien de la « difficile liberté » inscrite dans la langue.

Sans doute est-il conseillé de Lire Lacan à la façon dont Jacques-Alain Miller nous indique de « lire un symptôme ». Cette rubrique, qu’il proposait, lors de la dernière Assemblée générale de l’École de la Cause freudienne, de déployer dans nos communautés de travail du fait que Lacan n’était plus lu dans les universités, propose dans ce numéro un commentaire du texte « Radiophonie ». On y trouve quelques pépites. Si la formule de Lacan « l’inconscient, c’est la politique » est presque devenue un slogan, en déduire que « l’inconscient, ce n’est pas la psychanalyse » fait surprise !

Alors, avis aux curieux, et bonne lecture !

Guy Poblome

 

A l’heure où nous déposons ce numéro de Quarto à l’impression, nous apprenons avec une grande tristesse le décès de Judith Miller, quelques jours seulement après la disparition de notre collègue Serge Cottet.

Les membres et proches des Écoles de l’Association Mondiale de Psychanalyse savent ce qu’ils doivent à Judith Miller car  elle a été une cheville ouvrière infatigable de la reconquête du Champ freudien. Elle portait un grand intérêt à notre revue et l’emmenait toujours dans ses valises pour les distribuer aux quatre coins de la planète lacanienne.

Serge Cottet fut ravi de pouvoir y contribuer en nous confiant le texte de son intervention à la journée Question d’École du mois de janvier 2017.

Nous leur dédions ce numéro.

L’équipe de Quarto


Sommaire

Hommage à Serge Cottet

Éditorial

Psychanalyse dans la cité
Christiane Alberti : De l’urgence de définir l’incidence
politique de la psychanalyse

L’incomparable
Dominique Holvoet : Du plaisir de l’action juste
Véronique Voruz : L’os et la chair de la politique
Patricia Bosquin-Caroz : Émergences incomparables
Anne Lysy : Quand l’incomparable se produit, évident et opaque
Laurent Dupont : Cogner sur l’autre
Daniel Pasqualin : Disparaître?

Entre discours de l’analyste et discours du maître
Jacques-Alain Miller : Propos sur la garantie
Serge Cottet : La psychanalyse SGDG (sans garantie du gouvernement)
Philippe De Georges : De la garantie qu’il n’y a pas
Marie-Hélène Brousse : Réalisme
Éric Zuliani : L’idéologie du conditionnement universel
Philippe La Sagna : Qu’est-ce qui permet une pratique sans protocole?
Éric Laurent : Le grand remplacement clinique

Forum européen SCALP
Alexandre Stevens : Ouverture
Jean-Daniel Matet : Introduction
Michel Gheude : La bénédiction de Babel
Patricia Bosquin-Caroz : Retour de Lampedusa
Ico Maly : Nationalisme versus les Lumières
Jelle Versieren : L’hégémonie et la n-va
Antoine Cahen : D’une certaine inhibition dans la défense
de l’État de droit en Europe
Antonio Di Ciaccia : En défense de la démocratie
Miquel Bassols : «But let me say one thing…»

Écho
Laura Sokolowsky : Totalitarisme et psychanalyse:
petit voyage au pays de l’Allemagne nazie

La politique du symptôme
Céline Danloy : Camille, unique en son genre
Katty Langelez-Stevens : Il y a clinique et clinique
Glenn Strubbe : Quand 1+1 ne font plus 3
Ben Verzele : De la persécution au clash

Enseignements de la passe
Dominique Holvoet : Qu’en est-il de l’inconscient à la fin d’une analyse?

Lire Lacan
«Radiophonie» – Véronique Voruz : Questions III et IV


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