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Echos de la journée ZAZIE du samedi 3 mars 2018

 

Compte-rendu de la journée Zazie
avec Anaëlle Lebovits-Quenehen

 

Zazie Belgique [1] a eu la grande joie d’accueillir Anaëlle Lebovits-Quenehen [2] le 3 mars dernier pour une matinée clinique remarquable, suivie d’une après-midi qui ne l’était pas moins, sur le thème de La révolte de l’enfant.

Nous avons donc fait connaissance avec un chasseur de fantômes présenté par Elena Madera, James à la porte, par Patrick Godfrin, une grande cuisinière concoctant des semblants, par Élodie Cognioul, et J-L faisant du-bon-boulot par Sandra Ruchard.

L’après-midi, Anaëlle Lebovits-Quenehen nous a présenté l’enfant révolté qu’était André Glucksmann, auquel il est resté fidèle toute sa vie, à travers son livre Une rage d’enfant [3].

Prenant appui sur l’étymologie, elle a choisi de définir la révolte comme une volte-face, un changement d’allégeance qui suppose la reconnaissance d’une autorité préalable par l’enfant. Celle-ci, dans des circonstances précises, se révèle insuffisante à traiter le réel faisant effraction pour lui. Cette volte-face n’est pas sans un certain rapport à la révolte maternelle en tant que femme. Ce qui suscite la révolte de « Jojo » (A. Glucksmann), c’est la prétention totalitaire de l’image unifiante qui nie le réel auquel l’enfant est extrêmement sensible, et non le réel lui-même. Son « non » est instantané, impensé. La révolte prend l’enfant, plus qu’il ne décide d’emprunter cette voie. À cet égard, elle est acéphale comme la pulsion.

Se référant au Witz, Anaëlle Lebovits-Quenehen a également souligné combien Freud lui-même considérait déjà le mot d’esprit comme une révolte de la langue qui permet de tenir à l’écart la violence pulsionnelle. Ainsi, la révolte serait, propose-t-elle, inversement proportionnelle au maniement des mots de la langue.

Accueillir la violence de l’enfant comme « un problème qui suscite le maître à la hauteur de ce qu’elle le nie » tout en l’accueillant avec dignité – ce qui n’est pas antinomique avec le fait de l’interdire –, faire de la violence erratique une saine révolte, voilà la tâche délicate et passionnante qui nous incombe, afin de préserver sa disposition à la rébellion, combien précieuse lorsqu’elle est bien orientée.

La démonstration, ponctuée de très belles vignettes cliniques, était brillante, enlevée et bondissante.

Pascale Simonet

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[1] Le groupe belge Zazie est un des maillons de la diagonale francophone du Nouveau Réseau Cereda – Centre d’Étude et de Recherche sur l’Enfant dans le Discours Analytique – créé en 1992.

[2] Anaëlle Lebovits-Quenehen est psychanalyste à Paris, ex-AE de l’École de la Cause freudienne. Elle a travaillé dans un CMP de la région parisienne et a par ailleurs, fondé, en 2006, la revue d’opinion Le Diable probablement.

[3] Glucksmann A., Une rage d’enfant, Coll. Pluriel, Éd. Fayard, 2007.

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