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Quarto n°119 : Hors-les-normes

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Éditorial

Ce titre, Hors-les-normes, indique sans détours que nous sommes au cœur de l’éthique, celle de la psychanalyse.

La psychanalyse promeut le droit, la revendication, la rébellion du pas comme tout le monde contre le droit pour tous. C’est ce que nous propose Jacques-Alain Miller dans le texte publié dans ce numéro de Quarto. La fausse psychanalyse sert le discours du maître, elle thérapeutise, elle est outil de suggestion sociale à des fins d’assujettissement. La vraie, selon Lacan, se glisse dans le sillage du désir, comme tel extra-normatif, toujours singulier. C’est dire qu’elle est fragile, et toujours menacée. Mais c’est sa juste place.

Hors-les-normes est aussi un écho de PIPOL8, 4e Congrès de l’EuroFédération de Psychanalyse, qui s’est tenu à Bruxelles en juillet 2017 sous le titre « La clinique hors-les-normes ». C’est un écho partiel qui fait résonner la rencontre de singularités ; celle d’un sujet autiste avec un praticien qui parie sur la « différence absolue », celle d’un père écrivain avec son enfant à nul autre pareil, celle d’un médecin avec les migrants aux portes de l’Europe, celle d’un artiste avec l’équilibre fragile de l’existence.

Et puis, PIPOL8, contingence toujours inédite, fut l’occasion de la rencontre entre ce médecin, Pietro Bartolo, et cet artiste, Vincent Glowinski. Celui-ci a non seulement accepté de confier à Quarto cette photo de Bonom en action pour sa couverture, mais il a en plus proposé que soient ici présentées, à côté du témoignage de Pietro Bartolo, une série de toiles aussi monumentales que ses œuvres, directement inspirées de l’expérience du médecin.

Le désir de l’analyste vise à obtenir le plus singulier du parlêtre, son Je suis ça, qui n’est peut-être pas comme il faut, qui n’est peut-être pas glorieux, mais qui se précipite à la fin de l’analyse dans un C’est ça !, produisant le passage de l’analysant à l’analyste. Ce C’est ça ! a-t-il un rapport avec la part femme de l’être parlant ? C’est la question qu’ont débattue de façon très stimulante trois ae (Analystes de l’École) et un ex-ae lors d’une après-midi de la passe à Bruxelles. Ils nous ont en tout cas appris que tout fantasme est fantasme de virilité autant que refus de la féminité. Quelles sont les conséquences de sa traversée ? Un prolongement de ces questions nous est proposé par Alfredo Zenoni dans une étude opposant la position féminine – du ressort du pas-tout –, à tout au-delàqui, comme le fantasme, est de l’ordre d’une fiction impliquant une limite et l’exception qui fonde le tout.

Du fantasme, il en est aussi question dans le quatrième cours de Gil Caroz sur la névrose obsessionnelle dans le cadre du nouveau programme des Enseignements ouverts à l’école de la Cause freudienne. Il en déploie les accointances et les différences avec le symptôme, objet du troisième cours. Dramatisation de la structure du côté du symptôme, signification absolue du côté du fantasme, tous deux répondent à l’angoisse, mais l’un au niveau de la pulsion, l’autre sur le plan de désir. Il s’agit là d’un trajet « du symptôme au fantasme et retour [1] » qui réveille.

Comme promis, la série Lire Lacan se poursuit. Trois épisodes de « Position de l’inconscient » explorent avec Lacan pourquoi et comment le psychanalyste fait partie du concept d’inconscient en tant qu’il le fait exister. Le passage qu’effectue Lacan et que suivent pas à pas les commentateurs est que si le psychanalyste produit l’inconscient, c’est en tant que causal, non-sens, en tant qu’il se repère comme présence au niveau de l’énonciation du discours, introduisant ainsi au cœur du langage quelque chose qui lui est hétérogène.

Enfin, ce numéro de Quarto revient par un autre écho, fait aux 47es Journées de l’ECF, Apprendre : désir ou dressage, sur la question de la singularité versus le formatage, en posant la question : À quoi ça sert d’apprendre ?, du point de vue de la psychanalyse. Une petite boucle est ainsi bouclée.`

Guy Poblome

[1] Cf. Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Du symptôme au fantasme et retour », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris viii, inédit.


Sommaire

Éditorial

Guy Poblome

L’orientation lacanienne
Jacques-Alain Miller : L’analyste et son inconscient

Lire Lacan
“Position de l’inconscient”
Pierre Malengreau : “Vers ce qui nous met en cause”
Dominique Holvoet : Naissance du sujet
Monique Kusnierek : “La place d’où ça pouvait parler”

L’obsessionnel et son réveil
Gil Caroz : 3 – Le symptôme
Gil Caroz : 4 – Le fantasme

Enseignements de la passe
La part femme de l’être parlant
Bernard Seynhaeve : Un fantasme de féminisation
Laurent Dupont : “Dire oui à la féminité”
Dominique Holvoet : Affronter l’originalité de la position féminine
Daniel Pasqualin : L’à part femme
Que reste-t-il de l’inconscient ?
Laurent Dupont : Ce corps que l’on amène en analyse

Hors-les-normes
Autismes
Yves Vanderveken : Ouverture
Mariana Alba de Luna : L’artiste de la cassure
Neus Carbonell : Reconstituer le texte absent
Regina Menéndez : The beat of music
Ana Plaza Morales : Nil et la pierre
Annie Stammler : Un violon, une histoire…
Claudine Valette-Damase : Dehors/dedans
Gracia Viscasillas : Au bord de l’Autre
Entretien
Laurent Demoulin : À la rencontre de Robinson, par Céline Aulit
Lampedusa, avant-poste de l’Europe
Dr Pietro Bartolo

Apprendre, désir ou dressage
Philippe Lacadée : À quoi ça sert d’apprendre ?
Katty Langelez-Stevens : Des p’tits trous, toujours des p’tits trous
Agnès Bailly : Faire de ses études une œuvre

 

Étude
Alfredo Zenoni : L’au-delà est un semblant

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