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Cinquième séance du séminaire sur la passe

 

Cinquième séance du séminaire sur la passe

Jeudi 14 février 2019

à 21h, au local de l’ACF-B,
16, rue Defacqz, 1000 Bruxelles

Vivre la pulsion

Dans son séminaire 11, c’est-à-dire quelques années avant qu’il n’établisse sa Proposition de la passe, Lacan posait la question : « Comment un sujet qui a traversé le fantasme radical peut-il vivre la pulsion ? ». C’est dire que la pulsion est inéliminable. A cet égard, Freud préconisait un retour régulier à l’analyse, tandis que Lacan, à la fin de son enseignement, mettait au jour une jouissance qui ne se négative pas, ne se traverse pas et au regard de laquelle un maniement serait requis, un savoir-y faire. Mais comment faire avec ce qui ne change pas si la force pulsionnelle est constante et inarrêtable ? Serait-elle d’intensité variable, avant, pendant ou après l’analyse ? Ou bien est-ce l’Autre du sujet qui change, sa fonction et avec lui l’usage de la pulsion ? Qu’est-ce qui se modifie finalement et comment ?

Nous allons poursuivre le fil de notre recherche en interrogeant cette fois 3 ex-AE  : Monique Kusnierek, Bruno de Halleux et Philippe Stasse. Ils nous diront comment après leur analyse ils vivent la pulsion, pas sans lien à l’Autre de l’Ecole qui les a nommés.

Patricia Bosquin-Caroz

Pourquoi la passe ?

Lacan l’a appelée tant un « mode d’enquête » qu’une « expérience », distincte de celle de l’analyse2. Il l’a inventée en 19673 pour jeter quelque lumière sur la question : « qu’est-ce qu’un psychanalyste ? » Il a posé que ledit « psychanalyste » est le produit de sa propre analyse menée à son terme et qu’il est possible de le démontrer. Proposition qui a fait scandale à l’époque car elle subvertit l’idée d’une formation et d’une reconnaissance des psychanalystes sur la base d’un cursus et de critères définis a priori. Elle est toujours d’actualité et nous allons donc la mettre à l’étude dans notre séminaire pour en explorer différents aspects, ses conséquences et ses paradoxes.

La question « qu’est-ce qu’un analyste ? » est intrinsèquement liée à celle de la fin de l’analyse. Elle constitue aussi le cœur de ce que Lacan a appelé « Ecole » : un lieu où elle reste vive et ne cesse de mettre les analystes au travail dans leur rapport singulier à la cause analytique.

A l’issue de la procédure de la passe, où peut se présenter un analysant pour témoigner de ce que son analyse a fait de lui, il peut être nommé « Analyste de l’Ecole », AE. L’Ecole lui demande alors d’enseigner pendant 3 ans. Comment témoigner de ce point absolument singulier, réel, atteint dans l’intimité de l’opération analytique ? Comment s’adresser à l’Autre, alors qu’on en a dévoilé le semblant ? Et pourquoi ?

L’invention de la passe implique que la fin de l’analyse ne mène pas au silence ni au retrait. Nous nous demanderons comment elle implique l’analyste dans le malaise dans la civilisation ; dans quel sens et dans quelle mesure la formation analytique est politique. Politique, action, militantisme, croyance, idéaux : à cet égard, qu’est-ce que cela change d’avoir mené son analyse « jusqu’au bout » ? Comment rester « sur la brèche », y compris après la passe ?

L’AE-type n’existe pas, pas plus que « le » psychanalyste. Ne cherchons donc pas de réponse- type à ces questions ! Nous irons aux textes majeurs de Lacan sur la passe et la fin de l’analyse à différents moments de son enseignement en nous orientant de la lecture qu’en a faite Jacques- Alain Miller. Nous lirons et entendrons ce que les AE disent, chacun à sa façon. Le thème de chaque soirée sera précisé au fur et à mesure. Nous avancerons à partir des questions que nous nous poserons et dont nous débattrons avec les participants.

Responsables : Patricia Bosquin-Caroz & Anne Lysy

Toutes les dates :
Les jeudis 11 octobre, 15 novembre et 13 décembre 2018 & les jeudis 17 janvier,   14 février, 14 mars et 9 mai 2019

 

Ouvert à tous

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