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Quarto n°121 : Partenaires de la pulsion

 

Quarto n°121
« Partenaires de la pulsion »

 

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Editorial

 

Le titre de ce numéro de Quarto aurait pu s’écrire , formule du fantasme bien connue, mais aussi écriture des rapports entre deux registres hétérogènes de ce qui fait le parlêtre, le sujet du symbolique, annulé par le signifiant, d’un côté, et l’objet a, le désir, la libido, la pulsion, in fine la jouissance qui vient s’y accrocher, d’autre part.

 

Le sujet, l’Autre, et leurs corps, voilà les partenaires en place pour les aventures du transfert, cette partie qui se joue dans l’expérience analytique en présence des corps.

 

L’objet a est ce qui fait le joint entre le sujet du signifiant et son réel, tout aussi bien entre le corps du sujet et celui de l’Autre. C’est ce qui est au cœur des opérations d’aliénation et de séparation que Lacan reprend dans son texte « Position de l’inconscient » dont Patricia Bosquin-Caroz nous donne le commentaire dans l’avant-dernier épisode de la série consacrée à ce texte dans la rubrique Lire Lacan.

 

C’est également tout l’enjeu du transfert. Au-delà de la demande d’amour, au-delà de la résistance à l’inconscient, au-delà du sujet supposé savoir, au-delà du sens, Jacques-Alain Miller nous en donne l’indication précieuse dans le texte issu de son cours « Silet [1] » que Quarto propose ici : le transfert se disjoint de la répétition signifiante et rejoint la répétition comme tuché, comme rencontre de la réalité sexuelle, libidinale, traumatique, de l’inconscient, trouvant sa forme logique dans l’objet a. Le transfert comme mise en acte de cette réalité sexuelle n’est plus mirage imaginaire, mais présence du réel, de la pulsion.

 

Les ae nous enseignent, à partir de leurs propres aventures du transfert, comment la présence réelle de l’analyste introduit au rapport à l’inconscient au-delà de sa structure de langage et permet à la parole considérée comme pulsion de se déployer. Car en effet, dans cette partie qui s’est jouée, le corps, par l’entremise des objets a, se distribue sur le corps du sujet et sur le corps de l’Autre, l’analyste, en tant qu’il est avant tout partenaire pulsionnel. Et c’est à cette condition que la fin de l’analyse, moment de « liquidation », de dissolution du transfert, dans l’outrepasse, est possible.

 

Que devient en effet le transfert avec l’inconscient réel ? C’est la question qui marque le début du texte de Christiane Alberti dans la nouvelle série de notre rubrique Lire Lacan, « Concepts du dernier Lacan ». Elle nous montre comment le transfert, et avec lui l’inconscient transférentiel, au temps de l’urgence de satisfaction du tout dernier Lacan, est relativisé. L’analysant ne va plus chez l’analyste par amour, mais parce que quelque chose à satisfaire, un Ça veut, l’y pousse. La fin de l’analyse est alors articulée au passage d’un Ça jouit du sens à un C’est assez.  Pour cela, il y faut non plus le sujet supposé savoir mais le sujet supposé savoir lire autrement, comme nous le rappelle Bernard Seynhaeve, faisant référence à l’acte de l’analyste pour couper l’articulation signifiante et isoler le signifiant tout seul, réduit à la lettre, qui résonne dans le corps et cause sa jouissance.

 

Le septième cours de Gil Caroz sur L’obsessionnel et son réveil, l’avant-dernier, nous présente l’oscillation du sujet obsessionnel entre le désir d’aller jusqu’au bout pour connaître la cause de son désir, et le désir de se retenir qui fait barrage à la jouissance, entre Œdipe qui, agissant son désir, en vient à affronter la mort les yeux ouverts, et Hamlet dont le désir inhibé le pousse au passage à l’acte, les deux confinant à la pulsion de mort. C’est dire qu’il est dans le thème du numéro !

 

Enfin à l’occasion de la Journée de l’Institut de l’Enfant de ce mois de mars ayant pour titre Enfants violents, Quarto fait paraître plusieurs contributions portant sur ce thème. Elles l’explorent sous différents angles et permettent de mettre en exergue la différence que fait J.-A. Miller dans son texte d’orientation [2] entre la violence et la révolte, mais aussi la violence verbale qui fait rage dans les réseaux sociaux, la tension entre l’auto- et l’hétéro– violence, la question de la responsabilité du sujet quant à son acte, fut-il immotivé, ainsi que le lien qu’il y a, ou pas, entre la violence et le symptôme comme réponse du sujet au réel de la pulsion. 

 

La pulsion traverse donc ce numéro 121 de Quarto de part en part. Elle est en effet le véritable enjeu de l’expérience analytique et des partenaires en présence.

 

Guy Poblome

 

 


Sommaire

 

Éditorial
————-Guy Poblome

L’orientation lacanienne
————-Jacques-Alain Miller : Transfert, répétition et réel sexuel – Une lecture du Séminaire XI

Lire Lacan
—-« Position de l’inconscient »
————-Patricia Bosquin-Caroz : De quoi se sépare-t-on ?
—-Concepts du dernier Lacan
————-Christiane Alberti : Urgence et satisfaction
L’obsessionnel et son réveil
————-Gil Caroz : 7 – L’impossible réveil
Les aventures du transfert

————-Clotilde Leguil : Transfert au-delà de l’amour du sens, un nouvel amour
————-Bernard Seynhaeve : Le paradoxe du transfert ?
————-Frank Rollier : Transfert et présence de l’analyste
————-Daniel Pasqualin : Fausse communion
————-Véronique Voruz : Corps de [corde] rattachement
Enseignements de la passe

—-Le trauma, le nom et le trou
————-Hélène Guilbaud : La passe éclaire
————-Dalila Arpin : Née contre toute attente
————-Aurélie Pfauwadel : Les traumas du discord
————-Clotilde Leguil : Arrivée la première
Insurrections et ruptures

————-Anaëlle Lebovits-Quenehen : La révolte de l’enfant
————-Ariane Chottin : La violence à l’ère du numérique
————-Yves Vanderveken : Automutilations, coupures et marques sur le corps
————-Guy Poblome : Violences et déplacements symptomatiques
————-Éric Zuliani : Voulons-nous des ados sages ? Non, nous voulons des ados désirants !
————-Alfredo Zenoni : Folie et responsabilité

 

 


[1] Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Silet », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris viii, 1994-1995, inédit.

[2] Miller J.-A., « Enfants violents », in Dupont L. & Roy D. (s/dir.), Après l’enfance, Paris, Navarin, 2017, p. 195-207.

 

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