ACF

Septième séance du séminaire Poétique lacanienne

Septième séance du séminaire Poétique lacanienne

Jeudi 23 mai 2019

à 21h, au local de l’ACF-B,
16, rue Defacqz, 1000 Bruxelles

Guy de Villers est l’invité de ce séminaire de Poétique lacanienne. Il traitera de l’équivocité du langage, telle que Lacan la démontre aux leçons III et  IV de son Séminaire dix-huit : D’un discours qui ne serait pas du semblant. Lacan s’ y appuie sur un écrit de Mencius, (ou Meng Tseu,), penseur chinois confucéen (380-289 acn), pour interroger la fonction de l’écriture.

Yves Depelsenaire interrogera la notion lacanienne de « parole vide, parole pleine » depuis son apparition dans Fonction et Champ de la parole et du langage en psychanalyse  jusqu’à sa reprise dans le Séminaire inédit XXIV, « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre ».

à 21h, au local de l’ACF-B,
16, rue Defacqz, 1000 Bruxelles

Poétique lacanienne.png

Lacan s’est présenté lui-même ironiquement comme le Gongora de la psychanalyse. C’est bien plus qu’une boutade. Comment la structure du langage et son articulation logique conjuguent- elles, pour le psychanalyste, à ce que Lacantenait pour « la pointe suprême de l’esthétique : l’art poétique, qui inclut la technique, laissée dans l’ombre, du mot d’esprit (6) » ? Telle est la question à l’horizon, qui nous conduira d’Aristote à Jakobson, d’Horace à Ponge ou Jacques Roubaud en passant par Nerval ou Mallarmé, et du Lacan de « Schizographie : Ecrits inspirés » à celui du Sinthome et de l’Une-bévue.

En exergue de ce parcours, nous pourrions citer cette phrase : De vertes idées incolores dorment furieusement, avancée par Chomsky comme irrecevable, bien que grammaticalement correcte. Mais voilà qui est parler ! rétorquait Lacan. Car pour lui, relève Jacques-Alain Miller, « il n’y a de poésie que par la violence faite à l’usage commun courant de la langue à partir de la manipulation du signifiant (7)». A la fin de son enseignement, Lacan aspire à la création d’un signifiant nouveau, qui, dans l’interprétation, fasse sonner à la fois le trou et le sens, afin de toucher la façon dont un corps est affecté par « lalangue ». « Faire sonner autre chose que le sens, dit Jacques-Alain Miller, c’est autre chose que la résonance, c’est, à proprement parler, ajouter le vide. (…) [Lacan] vise, si l’on peut dire, la résonance de l’effet de trou, c’est-à-dire ce qui, dans les dits, se logifie à partir de l’absence du rapport sexuel et s’étend comme une signification vide (8) ». C’est sur ces bords que Lacan en appelle à la poésie.

Responsables : Yves Depelsenaire & Ginette Michaux

Toutes les dates : Les jeudis 25 octobre, 29 novembre 2018 ; 31 janvier, 28 février, 28 mars, 25 avril et 23 mai 2019

 

Ouvert à tous

___

(6) Jacques Lacan, « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse » (1953), Ecrits, Paris, Seuil, coll. Champ freudien, 1966, p.288
(7) Jacques-Alain Miller, « Le tout dernier Lacan ». Enseignement prononcé en 2006-2007 dans le cadre du Département de Psychanalyse de l’université de Paris VIII. Cours XI du 28 mars 2007. Inédit.
(8) Ibidem

Les commentaires sont fermés

Les commentaires sont désactivés. Vous ne serez pas en mesure de poster un commentaire dans cet article.